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Blogue de Logiciels de recherche : La plateforme de recherche WARN pour la détection des géorisques : la côte du Pacifique canadienne en sûreté

Posted
on 5 December, 2014

Billet de Scott Henwood, directeur du programme Logiciels de recherche

Beaucoup de Canadiens l’ignorent sans doute, mais des capteurs émaillent la côte de la Colombie-Britannique et le plancher de l’océan, au large de celle-ci, dans le Pacifique. Des observatoires sous-marins recueillent des données sur les phénomènes qui agitent la mer et la terre au moyen de capteurs mesurant une foule de paramètres physiques et chimiques, notamment la pression, les déplacements et la température. Ceux installés sur la terre ferme, y compris des capteurs radar, glanent des données similaires sur le littoral.

Analyser les données pour détecter les cataclysmes

Soutenu financièrement par CANARIE, Ocean Networks Canada (une initiative de l’Université de Victoria) élabore un système logiciel qui coordonne la lecture de ces capteurs en vue de repérer puis de signaler les dangers venant de la nature, tels les séismes et les tsunamis. Ce système, baptisé WARN pour Web-enabled Awareness Research Network (réseau Web de détection scientifique), pourrait sauver des vies et atténuer l’impact des cataclysmes.

Bien qu’incomplète, le 15 novembre 2014, la plateforme WARN a décelé un séisme de magnitude 7,3 près de l’Indonésie, à une distance d’environ 11 000 km.

Comment cela fonctionne-t-il? Un type de capteur – un accéléromètre – mesure les mouvements du sol, par exemple ceux qu’engendrent les séismes. De même, les capteurs de pression sous-marins détectent les vagues en mesurant la hauteur de la colonne d’eau qui les surplombe. Grâce aux données émises par les capteurs situés à divers endroits, WARN ne se contente pas de détecter les évènements, il effectue aussi d’importants relevés, par exemple sur la gravité et l’épicentre d’un séisme ou sur la rapidité d’un tsunami et la direction dans laquelle il se déplace.

Relayer l’information aux bonnes personnes

Dès qu’un événement a été décelé, WARN expédie des avertissements aux services d’urgence en temps réel. Imaginez un premier intervenant recevant sur son téléphone un message lui signalant qu’un tsunami vient d’être détecté, le temps que celui-ci mettra à atteindre l’endroit où il se trouve et où amener les gens en lieu sûr.

Aussi puissantes que soient en elles-mêmes ces capacités, WARN garde aussi une interface avec les systèmes scientifiques d’autres chercheurs pour les aider à établir les conséquences potentielles d’une catastrophe. WARN pourrait transmettre à une plateforme de recherche en génie civil une estimation du lieu et de la magnitude d’un séisme afin que cette deuxième plateforme calcule son impact éventuel sur les bâtiments et les infrastructures, ce qui, au bout du compte, déterminera l’ampleur de la réaction au cataclysme et permettra aux exploitants des services publics de s’y préparer au maximum.

Mais il y a mieux. Ocean Networks Canada a mis son système d’alerte à la disposition d’autres chercheurs par le biais du répertoire des services logiciels de CANARIE, afin qu’il puisse resservir dans d’autres plateformes nécessitant le signalement d’évènements observés par des capteurs.

Mieux se préparer aux cataclysmes

Malgré son importance pour la gestion réelle des situations d’urgence, WARN a aussi son utilité dans les recherches sur la réaction aux cataclysmes. Grâce à cette plateforme, Ocean Networks Canada repasse les données saisies par les capteurs dans le passé, lors de véritables catastrophes, et simule efficacement une crise aux fins de recherche. Ainsi, on recourt à l’infrastructure d’Ocean Networks Canada lors du Great British Columbia StakeOut, exercice annuel de préparation aux catastrophes qui s’inscrit dans l’initiative mondiale Great ShakeOut Earthquake Drills.

De la science de calibre mondial réalisée ici même, au Canada!

Pour en savoir plus : oceannetworks.ca, science.canarie.ca