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Le succès des fédérations

Posted
on 22 July, 2019

Les Canadiens dépendent du succès de CANARIE et des réseaux qui forment le RNRE avec lui

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Un billet de Jim Ghadbane, président et chef de direction, CANARIE

Ce sont les membres d’une équipe qui en font le dynamisme. Sachant cela, CANARIE choisit les membres de la sienne avec un très grand soin. Quand arrive la fin de l’entrevue, ses cadres interrogent le candidat qui, à ce point, les a souvent convaincus qu’il possède effectivement les compétences voulues pour le poste. Malgré cela, nous devons absolument nous assurer qu’il s’intégrera à l’équipe, qu’il la renforcera. Lorsque l’entrevue est presque terminée, nous lui demandons s’il a des questions. Cette démarche a deux buts : premièrement, répondre aux interrogations que le candidat pourrait se poser – le choix ultime demeure le sien; ensuite, nous faire une idée de ce qui est suffisamment important à ses yeux pour qu’il ose le demander à un cadre supérieur de l’organisation.

Récemment, lors d’une de ces entrevues, quelqu’un m’a posé une question que personne ne m’avait encore jamais posée : « De quoi êtes-vous le plus fier en tant que chef de direction de CANARIE? »

Tant de choses suscitent ma fierté qu’en retenir une seule n’a pas été aisé! Après un instant de réflexion, j’ai répondu qu’il s’agissait sans doute de la façon dont le Réseau national de la recherche et de l’éducation (RNRE) canadien avait été bâti et consolidé, à savoir par la collaboration avec les réseaux provinciaux et territoriaux qui sont ses partenaires. En effet, le RNRE du Canada est une fédération, car il est né de l’amalgame des réseaux des provinces et des territoires quand ils se sont rattachés à la dorsale du réseau CANARIE.

Au terme de cette entrevue, j’ai commencé à m’interroger. Qu’est-ce qui différencie une fédération efficace d’une autre qui l’est moins? Après en avoir touché un mot à d’autres, j’ai fini par mettre le doigt sur les trois éléments qui font le succès d’une fédération. Puisque les trois commencent par la même lettre, il est facile de s’en souvenir, et chaque fédération doit impérativement les embrasser. Les voici.

  1. Dépendance. On constate vite que sans les partenaires du RNRE, qui raccordent les institutions de leur région puis recourent au réseau CANARIE pour se connecter entre eux et au reste de la planète, le Canada n’aurait pas sa place sur la vaste scène mondiale de la recherche, de l’éducation et de l’innovation. La manière dont le RNRE est constitué suppose par définition une dépendance mutuelle. Par conséquent, les Canadiens dépendent du succès de CANARIE et des réseaux qui forment le RNRE avec lui.
  2. Démocratie. Je ne parle pas ici du droit de vote, mais de la démocratie au sens propre du terme. Chaque organisation au sein du RNRE canadien a le droit de se faire entendre et ses besoins doivent être satisfaits pour qu’elle puisse servir sa communauté. Le groupe que représente chaque organisation devrait toujours avoir le dernier mot! Le Comité de régie du RNRE canadien veille à ce qu’aucune voix ne soit plus importante qu’une autre quand il s’agit de faire évoluer le RNRE et ce comité concourt à l’avancement du réseau national en forgeant une vision stratégique commune et en lançant des projets conjoints.
  3. Diversité. Le Canada est vaste, très vaste! Ce qui marche bien dans une région pourrait ne pas fonctionner ailleurs, pour une raison ou une autre. Demander à chaque organisation du RNRE d’agir de la même manière ne donne rien! En revanche, la diversité permet à une innovation de voir le jour dans un coin du réseau et d’en permettre l’adoption plus rapidement ailleurs, sans qu’on fasse forcément appel à des moyens d’exécution identiques.

Mais pourquoi embrasser les trois « D »?

Je l’illustrerai avec la dépendance. Trois modes d’action peuvent habituellement être envisagés lorsqu’il y a dépendance.

  1. Y mettre fin. On adopte souvent cette approche dans le secteur privé, quand un fournisseur accorde peu de prix à sa mission envers la clientèle et, par exemple, lui annonce qu’il modifie sa stratégie commerciale et que le client ne présentera pour lui plus autant d’importance qu’auparavant dans sa nouvelle stratégie. Après tout, les affaires sont les affaires! Le client peut alors être contraint de mettre un terme à sa dépendance, même si, à brève échéance, il devra en payer le prix.
  2. L’accepter. « On n’y peut rien, c’est comme ça », pourrait-on entendre. Les parties ont besoin l’une de l’autre et ne voient pas l’utilité de rompre le statu quo. Un logiciel polyvalent, comme ceux servant au traitement de texte, pourrait l’illustrer. Les perfectionnements qu’on lui apporte ne sont habituellement pas destinés à servir un groupe d’utilisateurs particulier. Ceux-ci doivent donc souvent composer avec les limites du produit, et en assumer le coût.
  3. L’embrasser. On y parvient généralement le mieux quand les organisations partagent une même mission, ce qui est le cas du RNRE canadien – rappelez-vous que l’objectif est de connecter les Canadiens entre eux et avec le reste du monde. En embrassant la dépendance, les partenaires admettent non seulement qu’ils doivent accomplir leur mission, mais aussi qu’ils doivent se renforcer mutuellement pour mieux remplir leur mission collective. CANARIE gagne en force quand ses partenaires se consolident, et le RNRE en devient plus robuste par voie de conséquence.

Le même exercice de réflexion s’applique aux avantages qu’on retire de la démocratie et de la diversité quand on les embrasse.

Participer à ce qui arrive au RNRE canadien n’est pas qu’un plaisir, c’est aussi quelque chose de remarquable à observer.

En embrassant la dépendance, la démocratie et la diversité, le RNRE est parvenu à se comporter comme s’il ne faisait qu’un et à appliquer une stratégie ainsi que des approches communes au pays entier. Mais nous avons aussi profité de sa multiplicité pour innover plus rapidement. Voilà ce dont tous ceux qui participent au RNRE (membres, conseillers, administrateurs, employés…) devraient être fiers!

Le RNRE du Canada n’est qu’un minuscule maillon du Réseau mondial de la recherche et de l’éducation (RMRE). Il nous revient donc d’embrasser les trois « D » dans notre collaboration avec nos partenaires étrangers. Une telle approche consolidera le RMRE qui dessert les milieux de la recherche et de l’éducation de la planète sans lesquels nous ne pourrons nous attaquer aux enjeux qui confrontent l’humanité.

Peut-être cela explique-t-il pourquoi le RNRE canadien et le succès de sa fédération ont fait irruption dans cette entrevue. Et, pour satisfaire votre curiosité, oui, nous l’avons embauchée!